Comment devenir auto entrepreneur : « OK pour être un entrepreneur raté tous les 3 ans »

Auto entrepreneur, c'est quoi?

L’auto entrepreneur passe inévitablement par certains échecs au cours de sa vie entrepreneuriale. Découvrez le témoignage d’entrepreneurs qui ont lancé des start-up.

comment devenir auto entrepreneurCertains jours, après une journée de travail bien remplie, tu n’as pas envie de sortir de chez toi. Et surtout, tu ne te poses pas nécessairement la question de savoir comment devenir auto entrepreneur. Tu ne penses qu’à une seule chose : Prendre une bonne douche ou un bon bain, lancer le souper et te détendre devant la télé. Surtout lorsque tu es indépendant, que tu bosses depuis chez toi et que, par conséquent, ton bureau n’est pas loin de la salle de bain, du salon et de la cuisine. Dans ce cas-là, l’appel langoureux des coussins de ton canapé te scotchent à ton domicile.

Le lundi 26 septembre dernier, j’étais clairement dans cet état d’esprit-là. Mais une chose me contrariait : Le RJE, le Réseau des jeunes entrepreneurs de Liège, organisait un événement intitulé « Êtes-vous entrepreneurs ou businessman? ». J’hésitais. Sans compter que je connais deux des organisateurs, plutôt sympas de surcroît, à savoir Lucas Beguin (à droite sur la photo) et Xavier Jadin (à gauche), qu’il y a le bar des locaux de Leansquare pour décor et que l’on y rencontre toujours pas mal de jeunes entrepreneurs à fond dans une logique d’échange d’expériences. Bref, le genre de soirée où tu ne restes pas seul et ce, même si tu ne connais personne à la base.

Comment devenir auto entrepreneur ? « Êtes-vous businessman ou entrepreneur ? »

statut auto entrepreneur

Ce soir-là, les deux orateurs étaient : Laurent Eschenauer, l’inventeur du drone autonome liégeois Fleye en forme de boule, qui a connu une ascension fulgurante via la campagne Kickstarter, une des premières plateformes de crowdfunding d’envergure internationale. Il a bénéficié d’une large couverture médiatique, tant aux États-Unis qu’en Belgique. Il est venu nous expliquer avec énormément d’humilité, d’esprit de partage et d’émotion pourquoi et comment son projet de « GoPro volante » s’est cassé la figure et ce, après moultes démarches. De quoi repartir avec un tas de tuyaux, le tout étant bon à savoir avant même d’espérer de réussir vos plans entrepreunariaux. Il ne faut pas perdre de vue le spectre de l’échec. Une expérience révélatrice de l’importance dont revêt un business modèle bien ficelé.

 

« Beaucoup pensent être entrepreneurs alors qu’ils sont gestionnaires d’entreprises »

L’autre intervenant, c’était Dominique Mongiatordi, affichant une solide expérience de manager et ensuite d’entrepreneur notamment à la tête de Royal App Force, une start-up liégeoise notamment connue pour le développement de l’appli de gamification « Peak me Up » et récemment rachetée par Efficy, une entreprise belgo-luxembourgeoise développant des CRM, à savoir des logiciels de gestion de relations clients. Royal App Force développe des applications reposant sur une stratégie de gamification, le tout assorti de finalités inhérentes aux différents secteurs visés : recrutement, commerce, gestion de projets, etc.

différence entre businessman et entrepreneur

Bref, deux orateurs avec un sacré pedigree d’entrepreneurs. Puis, je me suis rapidement rendu compte que j’avais bien fait de venir car au-delà de leurs expériences respectives, Dominique Mongiatordi nous a rapidement fait prendre conscience que les trois-quart d’entre nous pensons être des « entrepreneurs «  , alors que bien souvent, nous sommes des « gestionnaires d’entreprise » ou des « businessmen« . Bam !

Ben oui tiens, au fait, vous êtes vous déjà posé la question ? Il y a de grandes chances que non et moi le premier, bien trop souvent, nous utilisons le terme « entrepreneur » de manière erronée. Le trois-quarts des indépendants se définissent comme étant des entrepreneurs. Et pourtant, dans les faits, ils ne le sont absolument pas.

« Pour être entrepreneur, j’ai accepté de vivre dans une maison deux façades »

Le statut auto entrepreneur ?

De ce que j’ai compris à travers le speech de Dominique Mongiatordi, c’est la chose suivante :

> Un businessman est en mesure de tirer son épingle du jeu, de gagner sa vie, de faire du business au départ d’un produit, d’un service, d’une entreprise « classique » qui n’est pas en rupture avec le marché. Bref, qui n’a pas grand chose de novateur comparé à ce qui se fait au sein du marché concerné. Le businessman est donc plutôt manager qui vise à tirer son épingle du jeu en termes d’affaires. Dominique Mongiatordi a illustré son propos en évoquant Carlos Ghosn, le PDG de Renault qui est un businessman, un gestionnaire de l’entreprise Renault.

Le businessman est plutôt manager

 

> Un entrepreneur, lui, c’est un inventeur et le créateur original de son produit ou de son service. Il investit du temps, de l’énergie, de l’argent pour développer son projet. Dans sa démarche, tout démarre depuis une idée originale en rupture avec le marché. Un exemple ? Le boss de Google, Larry Page, un entrepreneur qui a inventé le moteur de recherche numéro 1 et qui quelque part, aujourd’hui est également devenu un businessman.

entreprendre et faire des affaires

L’autre point fondamental souligné par Dominique Mongiatordi, c’est le fait que le businessman, lui, sa préoccupation principale c’est d’être rentable, d’atteindre des objectifs financiers précis, d’assurer le bien-être de ses employés et la satisfaction de ses clients. À ses yeux, l’argent est le nerf de la guerre.  Quant à l’entrepreneur, sa préoccupation première consiste à changer le monde.  Son état d’esprit n’est pas focalisé sur les retours financiers de leur projet, mais bien sur ce qu’il peut apporter à la société, au monde. L’argent, c’est le cadet de ses soucis, d’autant plus qu’il est conscient qu’il peut initier un projet avec très peu d’argent au départ.

Comme l’a rappelé Laurent Eschenauer de Fleye, ingénieur de formation : « Moi, j’ai fait le choix de vivre dans une maison deux façades et non dans une villa. »

Le rapport au temps est aussi totalement différent. Pour le businessman, le temps c’est de l’argent. Là où pour l’entrepreneur, le temps ne compte pas. Il travaille sur son projet comme sur une oeuvre majeure, comme un scientifique enfermé dans son labo.

Et puis, il y a la notion de succès qui pour le businessman est inhérente aux performances financières de son entreprise et aux dividendes dégagées pour les actionnaires. Là où l’entrepreneur n’a pas une définition bien précise de la notion de succès. Il bosse sur son projet et ensuite il laisse faire l’histoire.

Statut d’ auto entrepreneur : avantages et inconvénients

avantages et inconvénients du statut d'auto entrepreneur

Souvent, l’histoire, dans l’univers start-up, est brutale. C’est précisément ce qu’est venu exposer Laurent Eschenauer, le co-inventeur de Fleye,

Après avoir levé 314.000$ via la plateforme de crowdfunding Kickstarter début 2016, a priori rien ne laissait présager une fin prématurée pour le projet Fleye, ce drone autonome et sans danger pour les passants. Beau début pour la start-up qui dans un premier temps lève suffisamment d’argent pour couvrir les coûts de production initiaux.

Le souci, c’est que pour assumer les coûts inhérents aux développements suivants du drone et donc de l’équipe grandissante bossant sur le projet, il fallait donc décrocher du budget supplémentaire. En janvier dernier, la start-up était présente au plus grand salon au monde des objets électroniques destinés au grand public, le Customer Electronics Show, de Las Vegas. Là, l’entrepreneur et son associé Dimitri Arendt, ingénieur en aéronautique, ont attiré l’attention d’un gros investisseur. A la suite de deux mois de négociations, l’amateur potentiel s’est rétracté. Raison principale ? L’investisseur a calé sur le fait que le drone était facilement copiable par la concurrence.

Voilà la fin brutale du bébé Fleye. Pas de finacements complémentaires : Bye bye Fleye. Aujourd’hui, les deux entrepreneurs planchent sur des pistes concrètes en vue d’embarquer le projet sur de nouveaux chemins et de rembourser les investisseurs initiaux.

Le temps, la comm’ & les communautés

Dans le secteur technologique, le facteur temps joue un rôle crucial. Avec un peu de recul, Laurent Eschenauer, s’est rendu compte qu’entre le moment où son associé et lui ont eu leur idée disruptive, où leur premier prototype est né, où Fleye a été financé et le moment où l’objet était développé par des techniciens qualifiés, deux années s’étaient écoulées. Dans un secteur tel que celui des drones, c’est énorme. Entre-temps de nouvelles technologies avaient débarqués sur le marché et les intégrer coûtait bien trop cher. Bref pour une start-up technologique, de gros financements doivent être dégagés suffisamment tôt lors de l’émergence du projet.

L’autre leçon qu’a tirée Laurent Eschenauer, c’est l’importance de la comm’ dans le cadre d’un projet start-up. Cette dimension-là, il l’a largement bien gérée, d’autant plus qu’il a ameuté le gratin de la presse américaine. L’autre point crucial c’est la constitution de communautés et un processus d’identification à votre projet via les médias sociaux.

Et parce qu’un vrai entrepreneur, quel que soit l’issue de son projet, a l’entrepreneuriat dans le sang, Laurent Eschenauer a conclu en affirmant : « J’veux bien être un entrepreneur raté tous les trois ans ».

 

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